La construction métallique au cœur des monuments et bâtiments emblématiques

La charpente métallique abrite tout type de bâtiments : de l’industriel, des commerces, des collectivités, des espaces pour particuliers.
Mais ce type d’ossature a également marqué notre patrimoine en étant à l’origine de nombreux monuments et édifices historiques.

L’exploitation massive de l’acier lors de la 2ème révolution industrielle du XIXème siècle marque une nouvelle ère. Pouvant supporter des charges très importantes, ce matériau sera utilisé dans de nombreuses constructions.
Et ses qualités intrinsèques exploitées pour des ouvrages comme la Statue de la Liberté et l’Empire State Building permettent d’atteindre des records de hauteur.
Retour sur les étapes de réalisation des plus belles merveilles du monde à partir d’une charpente métallique

La Tour Eiffel, un défi architectural de grande ampleur

Elle culmine les rues de la Capitale à plus de 324m de hauteur.
Elle fait l’objet de nombreuses manifestations et de point de rendez-vous.
Elle offre une valeur ajoutée à un bien immobilier à partir du moment où l’on peut dire qu’elle est visible de chez soi.
Qui suis-je ? La Tour Eiffel, bien sûr !

Symbole de la France, édifice que l’on devine au loin, silhouette que l’on cherche partout dans Paris, la Tour Eiffel est un monument majestueux qui fascine par sa hauteur.

Gustave Eiffel, le génie au service de la construction

Ingénieur hors norme, la Tour Eiffel ne constitue pas le premier coup d’éclat de l’artiste. Avant cela Gustave Eiffel avait déjà fait ses preuves avec la Coupole de l’Observatoire de Nice, plusieurs ponts et viaducs à l’étranger, la Gare de Budapest ou encore le squelette métallique qui allait porter la Statue de la Liberté.

En 1889, Paris doit accueillir l’Exposition Universelle. Conscient de la vitrine que ce type d’événement engendre, la classe politique française décide de frapper un grand coup en construisant une tour de 300m de haut signe de sa puissance industrielle et de son savoir-faire.
Un concours est alors organisé par le Ministère de l’Industrie et du Commerce pour désigner l’ingénieur en charge de la construction d’une grande tour de fer sur le Champ de Mars.
Dessiné par deux membres de son équipe, Maurice Kuechlin et Emile Nouguier, Gustave Eiffel, remporte le concours parmi 107 projets.

Chantier de la Tour Eiffel en 1888Crédit photo Ville de Paris

Il s’empresse alors de déposer un brevet "pour une disposition nouvelle permettant de construire des piles et des pylônes métalliques d'une hauteur pouvant dépasser 300 mètres" et de racheter leurs droits aux deux ingénieurs. Si Eiffel n’est pas le créateur même de cet ouvrage, c’est bel et bien son talent et son intelligence qui lui apporteront sa dimension et son envergure.

La Tour Eiffel, tout de fer vêtu !

Ce monument a été bâti tel un pylône avec une base carré alimentée par 4 piles. Ces mêmes piles sont reliées entre elles par des poutres métalliques et agrémentées par des arcs tendus. Les plates-formes se rejoignent au sommet avec flèche faisant référence à un phare.

Le choix du fer puddlé par Gustave Eiffel plutôt que l’acier, qui à l’époque de la révolution industrielle était le matériau phare, se justifie par une plus grande robustesse et par une meilleure résistance à la corrosion atmosphérique. Ce métal a ainsi permis de construire une structure légère que les larges pieds peuvent assumer en terme de poids.

Fondations de la Tour EiffelCrédit photo / Pinterest - pariszigzag.fr 

Afin de conserver la structure métallique en bon état, des couches de peinture doivent être régulièrement appliquées à raison d’une fois tous les 7 ans et de 60 tonnes de peinture. 

Le chantier débuta en janvier 1887 par les fondations où 4 socles en béton furent coulés avant d’attaquer le montage des 3 étages. Et c’est ainsi qu’en 2 ans, 2 mois et 5 jours, la Tour Eiffel imposa sa stature au centre de Paris.
Afin de gagner du temps, de nombreuses pièces avaient été préfabriquées en usine puis assemblées par la suite sur le chantier grâce à 2 500 000 rivets.

Le 31 mars 1889, Gustave Eiffel pouvait venir poser fièrement un drapeau en haut de la Tour.

Gustave Eiffel en haut de la Tour EiffelCrédit photo Wikipedia / Tour Eiffel

Ce qui devait être à la base qu’une construction provisoire pour 20 ans, reçut une concession d’exploitation de 70 ans grâce à l’insistance de Gustave Eiffel, à son intérêt scientifique et au succès populaire de ses visiteurs. 
Bien que détrôné de son record de hauteur par la Tour Chrysler en 1929, la Tour Eiffel reste le monument payant le plus visité au monde.

Le métal, structure cachée de la Statue de la Liberté

Statue de la Liberté à Liberty Island au sud de ManhattanOn doit l’idée d’offrir aux Etats-Unis, en signe d’amitié, une statue représentant la liberté à Édouard Lefebvre de Laboulaye, un homme politique français.
La construction de ce cadeau diplomatique fût confiée, en 1865, à Auguste Bartholdi, un sculpteur à la réputation prestigieuse.

Mais pour des raisons politiques, économiques et sur fond de conflits et de guerres, le projet mit de nombreuses années avant de voir le jour.
Et puis en juin 1871, Bartholdi réussit à partir sillonner pendant 5 mois les Etats-Unis pour trouver l’emplacement de la future statue. Son choix se portera finalement sur une petite île au large de Manhattan (Liberty Island comme elle sera appelée par la suite)...

Gustave Eiffel et Auguste Bartholdi, le duo gagnant de l’architecture métallique

En relation avec l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, le choix de Bartholdi pour l’extérieur de la statue s’orienta sur des plaques de cuivre martelées et fixées. Mais au décès de Viollet-le-Duc, en 1879, Bartholdi dû prendre contact avec Gustave Eiffel pour déterminer la structure interne.

Eiffel imagina alors un pylône métallique massif pour supporter la statue tout en gardant l’indépendance de la couverture de cuivre.
Pour cette coopération franco-américaine, les américains devaient fabriquer le socle recevant la statue et les français étaient en charge de la construction même de la structure. Malgré de nombreuses difficultés, notamment financières qui nécessitèrent l’intervention de Joseph Pulitzer pour récolter des fonds, le piédestal en pierre pour lutter contre la corrosion, prit forme en 1886.

Pouvait alors débuter l’assemblage de la statue aux Etats-Unis… L’ensemble de la statue fût démonté, en France, en 350 pièces avant d’être réassembler, 4 mois durant, à New York.
Et le 28 octobre 1886, devant un public fasciné, la statue de la Liberté pu être inaugurée. S’en suivirent des millions de visite et de clichés, toujours sous le regard approbateur de Dame Liberté !

Intérieur de la Statue de la Liberté   Construction de la Statue de la Liberté à ParisCrédit photo Pinterest / Wikipedia - Statue de la Liberté

Une statue, emblème de la liberté

Lors du dépôt du brevet, Bartholdi décrit en ces termes son œuvre : « Une statue représentant la Liberté éclairant le monde, qui consiste, fondamentalement en un personnage féminin drapé, avec un bras levé, portant une torche, alors que l'autre tient une tablette gravée, et avec un diadème sur la tête, en substance comme indiqué plus avant ».

Un message à chaque pièce architecturale :

  • 7 pointes sur le diadème pour les 7 continents,
  • La tablette dans le bras gauche de la statue fait référence à la date de l’indépendance du pays, 
  • Dans sa main droite, une torche enflammée, 
  • Des chaînes brisées au pied. 

93 mètres de haut pour proclamer l’indépendance, symboliser la liberté et incarner l’espoir pour les millions d’immigrants qui arrivaient par bateau.

La statue de la Liberté décortiquée en quelques chiffres !

  • 125 tonnes d’acier et 31 de cuivre ont été nécessaires à sa réalisation… 
  • Des dimensions surréalistes avec : 
  • Base du socle + statue = 93m de haut ! 
  • Statue toute seule des pieds à la tête = 34m

Des répliques en pagaille

La Statue de la Liberté a fait l’objet de nombreuses répliques notamment en France où on peut la croiser dans plusieurs villes comme Lunel, Bordeaux, Cambrin, Saint Cyr sur Mer mais avec des dimensions moins imposantes.

Ceux et celles qui ont fait un tour en bateau mouche à Paris ont eu le plaisir de la découvrir au détour du Pont de Grenelle, nichée sur l’île aux Cygnes, une copie de la Statue de la Liberté mais avec une hauteur bien moindre de 11,50 m. Celle-ci a servi de modèle à l’original envoyé aux Etats-Unis.

Auguste Bartholdi étant né à Colmar, une réplique a aussi été installée dans le centre de la ville en 2004. Et une ossature en acier galvanisé à l’intérieur de la structure a été édifiée.

Réplique de la Statue de la Liberté à ColmarCrédit photo Pinterest Colmar.fr 

Dans le monde entier, la sculpture de Bartholdi se multiplie comme par exemple en Allemagne, Ukraine, Japon, Chine, Brésil, USA (notamment à Las Vegas)…
A Cadaqués, en Espagne, la sculpture a même été revisitée d’après un croquis de Salvator Dali.

Golden Gate de San Francisco, l’ossature métallique avec vue sur mer

Ce pont emblématique à la couleur orange-rouge vif (orange international pour être plus précis) relie la baie de San Francisco à la ville de Sausalito.
Long de plus de 2,7km, le pont suspendu le plus célèbre au monde est caractérisé par des conditions climatiques dantesques entre brouillard marin, fortes marées, et vents violents. 

Le Golden Gate Bridge de San Francisco tout de rouge vêtuCrédit photo flickr - KP Tripathi

L’œuvre de Joseph Strauss

Ossature métallique du Golden Gate BridgeCette prouesse architecturale, qui a nécessité 4 ans de travaux de 1933 à 1937, a été menée par l’ingénieur de génie Joseph Strauss.
Bien qu’inexpérimenté dans la création de pont suspendu (Strauss ayant œuvré uniquement pour des ponts à bascule mais avec un grand succès), il se vit confier un défi de taille, destiné à ouvrir San Francisco sur le monde et à favoriser sa communication, ses échanges et ses approvisionnements.

Pas moins de 75 000 tonnes d’acier ont été nécessaires, parmi d’autres matériaux et outillages, pour réaliser cet exploit technique. 

Une étape particulièrement difficile à appréhender fût la construction des structures de fondation sous l’eau. Perturbés par les courants vertigineux des marées, les scaphandriers, qui utilisaient des charges de dynamite, risquaient leur vie à chaque plongée.
Epaulé par des architectes et des ingénieurs expérimentés, Strauss fit également appel à des ouvriers spécialisés dans la charpente métallique pour construire les deux tours culminant à plus de 230m au dessus des eaux. 

Ouvriers spécialisés dans la pose de charpente métallique travaillant à la construction du Golden GateCrédit photo flickr - San Francisco Public Library

Le 27 mai 1937, l’ouvrage était fini, surplombant avec ses 2 tours la baie de San Francisco. La légende du Golden Gate Bridge était en marche…  
Aujourd’hui, 6 voies de circulation ont été mises en place et 2 autres pour les piétons de chaque coté.

POURQUOI LE ‘PONT DE LA PORTE D’OR’ ?

Ce nom provient du détroit du Golden Gate situé entre la baie de San Francisco et l’océan Pacifique que le pont traverse. 
L’environnement marin hostile du lieu chargé en sel aggravant la corrosion nécessite régulièrement la pose de couches de peinture sur la structure métallique du pont. 

Brume au Golden Bridge de San FranciscoCrédit photo Pinterest - jjones186.tumblr.com

Autre œuvre et monument bâti à l’aide d’une charpente métallique : l’Empire State Building !

Empire State Building, le gratte-ciel en acier le plus connu au monde

New-York, arrondissement de Manhattan, 5ème Avenue. Un gratte-ciel de 381 mètres de haut domine la ville pour offrir un panorama à 360°.

L’Empire State Building, le résultat d’une guerre d’égo !

Qui saura construire la plus grande tour des Etats-Unis voir même du monde ? C’est bien sur fond de compétition entre John J.Raskob et Walter Chrysler que l’Empire State Building vit le jour.

Ce dernier, fondateur de la Chrysler Company, décida de faire construire un gratte-ciel à sa gloire avec pour objectif qu’il soit le plus haut du monde. En mai 1930, le Chrysler Building et ses 319 mètres furent inaugurés.
Mais en 1929, John J.Raskob, ancien dirigeant de General Motors, avait financé la construction de l’Empire State Building qui dépassa de plus de 60 mètres la tour Chrysler.

Jusqu’en 1972, l’Empire State Building représentait le plus haut gratte-ciel au monde… Mais il fût détrôné par les deux tours du World Trade Center qui culminaient à 415 et 417 m de haut, jusqu’au drame du 11 septembre 2001.

La construction de l’Empire State Building ; une performance record

Après la préparation des plans par le cabinet d’architectures Shreve, Lamb and Harmon, la construction avait été évaluée à 1 an ½. Mais pour de tels ouvrages, on ne sait jamais sur quelles embuches on va tomber et rare sont les architectes à pouvoir tenir les délais.

Et pourtant dans ce cas précis, tout se déroula comme prévu et l’inauguration pu avoir lieu à la date prévue initialement du 1er mai 1931. Avec 3 400 ouvriers, dont des ‘Sky Boys’ de véritables hommes volant qui travaillaient sans protection, le building prit de la hauteur à raison de 4 étages ½ par semaine.

Ouvrier en pleine hauteur pour la construction de l'Empire State Building à New York     Construction de l'Empire State Building par les Sky BoysCrédits photos Pinterest - buzzfeed.com 

Si ce ne sont pas les délais c’est alors le budget qui peut exploser dans ce genre de travaux. Et bien là aussi la facture fût réduite de moitié par rapport au budget initial de 41 millions de dollars, bien aidé, il est vrai, par le krach boursier de 1929.

Un squelette d’acier

L’ossature de ce gratte-ciel aux 102 étages, véritable emblème de la grosse pomme, a été érigée à l’aide de poutres en acier. Au total ce ne sont pas moins de 60 000 tonnes de ce matériau qui ont été exploités.
Le plus gros du travail sur les poutres et les fenêtres a été réalisé dans une usine de Pennsylvanie avant d’être assemblés sur place.

Jeu de lumières sur la ville

A l’observatoire installé au 86ème étage, la vue sur Manhattan est tout simplement à couper le souffle. Pour peu que vous y alliez à la tombée de la nuit quand les lumières prennent possession de la ville, vous assisterez à un spectacle de toute beauté.

L’Empire State Building sait aussi se mettre en valeur grâce à des éclairages en couleurs. Pour les dates historiques de l’Amérique ou pour les événements rythmant la ville comme l’US Open de tennis, le building s’illumine de différentes couleurs.

Immeuble de bureau, l’Empire State Building est surtout l’un des sites les plus visités par les touristes ravis de prendre l’un des 73 ascenseurs pour atteindre le graal. A oins que les plus courageux ne tentent d’y parvenir par les 1 860 marches...

Eclairages en couleur de l'Empire State Building à New-YorkCrédit photo Pinterest - mashable.com 

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